Les données publiques comptent aussi
Même les données rendues publiques par les personnes restent des données personnelles.
Social listening et RGPD
Le social listening et la veille des mentions traitent souvent des données personnelles, même publiques : c’est pourquoi le RGPD s’applique. Découvrez quels principes comptent, quelle base légale on utilise et comment documenter ses choix. Un guide pratique, pas un conseil juridique.
En bref
Une publication publique avec un nom, une photo ou un profil contient des données personnelles. Les recueillir et les analyser est un traitement : il faut une finalité claire, une base légale, le strict nécessaire et des durées de conservation définies.
Même les données rendues publiques par les personnes restent des données personnelles.
L’analyse porte sur des thèmes agrégés, pas sur le profil d’auteurs individuels.
Finalité, base légale et conservation écrites avant de commencer.
Les principes
L’article 5 du RGPD fixe les principes de tout traitement. Dans la veille des conversations, quatre d’entre eux décident de presque tout.
| Principe | Ce qu’elle demande | Comment l’appliquer |
|---|---|---|
| Limitation des finalités | Recueillir pour des finalités précises et déclarées. | Une question business écrite avant la collecte. |
| Minimisation | Seulement les données nécessaires à la finalité. | Texte et date oui ; profils complets des auteurs non. |
| Limitation de la conservation | Conserver les données seulement le temps nécessaire. | Une durée définie, puis suppression ou agrégation. |
| Intégrité et confidentialité | Protéger les données recueillies. | Des accès limités et journalisés, aucune copie dispersée. |
La base légale
Pour l’analyse de conversations publiques à des fins de marché, on utilise en général l’intérêt légitime (article 6, paragraphe 1, point f). Il doit être mis en balance avec les droits des personnes et documenté dans une évaluation.
Quand les données ne sont pas collectées auprès de la personne concernée, l’article 14 du RGPD prévoit une information, avec les exceptions du paragraphe 5, par exemple quand informer chaque personne exigerait des efforts disproportionnés : il faut alors des mesures appropriées, dont une information publique. Pour les traitements à grande échelle, l’article 35 peut exiger une analyse d’impact.

Une évaluation d’exemple de l’intérêt légitime pour un projet de social listening d’une marque fictive, avec finalité, nécessité, mise en balance et garanties.
Ce qu’il faut éviter
La limite entre écoute licite et surveillance des personnes est franchie quand l’attention passe des thèmes aux individus, ou quand on garde tout, pour toujours.
Quatre pratiques de veille des conversations qui créent des risques pour la protection des données, chacune mise en regard d’une alternative conforme au RGPD.
| À éviter | Alternative respectueuse | |
|---|---|---|
| Profils | Ficher les auteurs qui critiquent la marque. | Analyser les thèmes, avec des auteurs pseudonymisés. |
| Conservation | Garder chaque publication pour toujours, « au cas où ». | Une durée définie, puis seulement des données agrégées. |
| Données sensibles | Classer la santé, la religion ou les opinions politiques des auteurs. | Exclure ces catégories des analyses. |
| Espaces privés | Entrer dans des groupes fermés pour observer les conversations. | Seulement des contenus publics, dans le respect des règles des plateformes. |
Un projet conforme
La conformité se construit avant la collecte. Quelques étapes écrites rendent le projet défendable et plus utile, car elles obligent à préciser ce qui est vraiment nécessaire.
Une question business précise, pas « tout surveiller ».
Finalité, nécessité, mise en balance et garanties, par écrit.
Seulement des contenus publics et seulement les champs utiles.
Combien de temps, puis suppression ou agrégation.
Ce que vous recueillez, pourquoi, combien de temps et comment s’y opposer.
Questions fréquentes
Si le social listening est licite, si le consentement est nécessaire, s’il faut informer les auteurs et que faire des demandes des personnes.
Oui, s’il a une finalité claire, une base légale valable, recueille le strict nécessaire et respecte les droits des personnes. Le caractère public des données ne suffit pas à lui seul.
En général non : pour l’analyse de conversations publiques, on utilise l’intérêt légitime, évalué et documenté. Le consentement devient nécessaire dans d’autres cas, par exemple pour un usage promotionnel des contenus.
L’article 14 prévoit une information quand les données ne sont pas collectées auprès de la personne concernée. Si informer chacun est disproportionné, il faut des mesures appropriées, comme une information publique.
Examiner la demande comme pour tout traitement : vérifier l’identité, rechercher les données et, s’il n’y a pas de motif impérieux de les conserver, les effacer et le confirmer.
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